JOURNAL DE TOURNAGE – 4

Je suis allé quatre jours sur le plateau des 7 jours du Talion, à St-Alphonse-Rodriguez. L’équipe est là pendant presque trois semaines pour faire toutes les scènes au chalet.

Le chalet est génial et le décor magnifique, ce qui est parfait pour faire contraste avec l’horreur qui s’y déroule. On a été chanceux: il a fait un peu froid, mais pas de neige et quand il pleuvait, on était en dedans.

J’ai vu quelques séances de torture infligées à Lemaire. Accrochez vos tuques! On a tout tourné. Et quand je dis tout, c’est TOUT, y compris l’opération (la vasectomie). La seule affaire qu’on montre pas, c’est le découpage du pénis. De plus, Lemaire est flambant nu durant tout le film, ce qui rend encore ça plus heavy. La table de torture à elle seule donne le frisson. La salle de torture n’est pas une chambre comme dans le roman. C’est une sorte de salle de lavage, avec laveuse-sécheuse et armoires. Ça rend encore ça pire, de voir une salle aussi banale devenir une pièce si sanglante. A chaque jour, les techniciens devaient faire du faux sang et de la fausse merde. Claude Legault, quand il me voyait arriver, disait à la blague: « Tiens, v’là l’ostie de fucké »… Je lui ai dit qu’il avait l’air pas mal fucké lui-même dans le film. En fait, c’est Podz qui a le mieux résumé la situation: « We are all sick fucks! »

Claude Legault est vraiment bon. Il ne dit pas un mot et on voit tout ce qui se passe par l’expression de son visage: la haine, le doute, la confusion, la rage, le désespoir… Quant à Martin Dubreuil, qui fait Lemaire, c’est phénoménal. Je savais qu’il serait bon, mais jamais comme ça. Imaginez: chaque jour, il se faisait maquiller pendant quatre heures (pour ses blessures), puis il passait la journée couché sur le sol, à poil, ou accroché par les poignets dans les airs, et il crie, hurle, pleure, se fait torturer, etc. Le soir, quand je prenais une bière avec lui, il me disait qu’il avait de la difficulté à lever les bras tant il avait mal aux muscles. Dans les dernières journées, il a commencé à avoir des vraies plaies à force de se faire maquiller et démaquiller. Mais il ne se plaint jamais. Il adore faire ça. Dubreuil, c’est un vrai fucké. Il est dans le groupe les Breastfeeders et il joue de la tambourine. C’est lui durant les shows qui se jette partout sur la scène et qui se fait mal… Donc, il est en terrain connu. Je ne sais pas si Podz va tout garder au montage, mais si oui, ça va être heavy.

J’ai aussi vu la scène quand Hamel voit sa fille à la fin, dans le chalet, et qu’il la lave dans le bain. C’est exactement comme dans mon roman, exactement comme je l’imaginais. Ça va être la scène la plus émotive du film, c’est sûr… Entre les scènes, la petite fille, recouverte de sang et de plaies, allait lire ses livres dans le salon, c’était assez surréaliste.

Les scènes du chalet sont maintenant terminées. Il reste trois ou quatre jours de tournage, surtout des scènes d’autoroute et des trucs du genre. Je ne crois pas y retourner. Je vais me concentrer sur 5150. J’y suis allé hier: Marc-André Grondin est de plus en plus magané, c’est très réaliste. Sonia Vachon a fait une scène émotive qui m’a bouleversé. Elle est vraiment, vraiment très bonne.

Et j’ai vu aussi les pièces d’échecs humain de la cave. En fait, ils n’ont pas fini de les faire, mais ça va être épouvantable. Ils ne sont pas empaillés dans des poses de pièces d’échecs, ils sont dans des positions agenouillés, souvent de souffrance, surtout les pièces noires. Très morbide. Le petite bébé empaillé, surtout, c’est quelque chose. Rentrer dans la salle des décors et voir trente-deux cadavres agenouillés en latex, ça donne un coup.

Très excitant… A suivre…

Pat Senécal

  • 25 novembre 2008
  • 2008

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